Quel genre littéraire préférez-vous ?

1ER PRIX

Chronique proposée pour "La maison au bord de la nuit" de Catherine Banner :

Cécile Gramain

Ces derniers jours furent intenses.

J'ai mangé beaucoup trop d'arrancini. J'ai plongé dans une grotte sous-marine. J'ai porté la statue d'une sainte sur mes épaules. J'ai fait l'amour dans une nécropole millénaire. J'ai eu les yeux brûlés par le sirocco. J'ai couru avec les chèvres. J'ai même attendu cinq ans le retour d'un soldat anglais ! J'ai vécu mille vies dans une maison au bord de la nuit, perchée sur une île-caillou, que j'ai le cœur lourd de quitter: Castellamare.

Catherine Banner est une conteuse et nous livre une montagne d'histoires vécues par quatre générations de la famille Esposito.

J'ai trouvé passionnant de suivre année après année ce que l'île offre à ses habitants, et ce qu'elle leur coûte aussi.

L'auteure questionne le sens des parcours individuels au sein du collectif, le sentiment d'appartenance, l'isolement, et les multiples façons d'aimer.

J'ai vérifié sur la carte, Castellamare n'existe pas.

Pour la visiter il vous faudra lire "La maison au bord de la nuit".

2EME PRIX

Chronique proposée pour "Sous la même étoile" de Dorit Rabindyan :

Leila Jozeau

Le froid qui s'engouffre dans les manteaux, les mains gelées, la chaleur d'un baiser au creux du cou, là où l'écharpe a glissé. New York sous la neige, endormi par le froid. Elle est Israélienne, il a grandi à Ramallah.

Liat, mystérieuse. Hilmi, de longs cils, des boucles brunes. Nous les accompagnons dans les rues, les parcs qu'ils arpentent sans cesse, ivre de découvrir chaque recoin de la ville qui protège leur amour.

Ce roman est une peinture des sentiments ; tant fins et fragiles, tel une esquisse au crayon, que vifs et violents : l'acrylique se faisant épais, les coups de pinceaux nerveux. L'histoire de Liat et Hilmi, c'est l'histoire du Moyen Orient : magnifique et délicate. Une histoire qui a le goût des dattes et l'odeur du soleil dans le froid glacial de l'hiver New-Yorkais. C'est avec une poésie rare et un sens de l'amour lumineux que Dorit Rabinyan nous transporte dans un New York post World Trade Center, à la rencontre de deux êtres qu'en théorie tout oppose : Bouleversant

3EME PRIX

Chronique proposée pour Les enfants de Venise de Luca di Fulvio :

Bénédicte Soymier-Marion

Grande saga historique, ce roman évoque les laissés-pour-compte dans un monde de faux-semblants à Rome, Mestre et Venise en 1515. Il est le récit d’une lutte de tous les instants entre exploitation, abandon et trahison. Les acteurs se croisent, se lient, se nuisent dans le dédale des ruelles vénitiennes, déjouent les tours malsains et s’attachent à leurs rêves malgré une conjoncture hostile, redressant l’échine pour vaincre une fatalité qu’ils n’acceptent plus.

Les corps exècrent, puent, souffrent. Venise, la sérénissime, fait choir ses habits de lumières et révèle l’envers du déco. Sa lagune revêt son costume sombre. On y est, on ressent l’atmosphère que Di Fulvio décrit avec grand art sans jamais nous perdre dans l’épaisseur de son pavé littéraire. 800 pages, c’est conséquent, et pourtant, elles s’avalent, se digèrent, se tournent. L’angoisse des arrières du pont Rialto, les places, les canaux exigus, toute l’atmosphère transparaît au-delà des mots et nous atteint. Les images sont là, bien réelles. On sent presque l’odeur de ces poissons qui pourrissent, de ces fruits qui se décomposent, de ces corps qui s’oublient, les excréments, les rats. Di Fulvio nous tient, nous retient, nous enserre, nous emprisonne dans son récit captivant. Les rebondissements sont nombreux, tiennent en haleine, même si l’on sait le dénouement prévisible. On se laisse émouvoir et convaincre.

4EME PRIX

Chronique proposée pour T’en souviens-tu mon Anaïs de Michel Bussi :

Noémie Duine

Quatre histoires, quatre ambiances, quatre nouvelles. Et c''est bien cette dernière syllabe, que Michel Bussi met à l'honneur : quatre "elles", quatre histoires de femmes qui font voyager le lecteur du Pays de Caux à l'île de la Réunion.

Derrière le mystère, derrière le suspens que l'auteur normand entretient avec toujours autant de brio, se cachent des destins d'héroïnes, souvent extras mais toujours ordinaires.

Il y a l'Anaïs du titre bien sûr, fuyant Paris pour préserver son lourd secret, mais il y a toutes les autres, les Justine, les Johanna qui, au-delà d'un prénom représentent le quotidien, la fêlure, parfois l'espièglerie au féminin. Femmes prêtes à tout pour raviver la flamme dans leur couple, animées par la vengeance ou encore actrices d'une macabre escroquerie, elles pourraient être nos mères, nos soeurs et sans doute nous aussi. Pour le meilleur comme pour le pire, Michel Bussi donne des ailes aux "elles" et c'est là l'essentiel !

5EME PRIX

Chronique proposée pour Ragdoll de Daniel Cole :

Juliette Sauvage

Ragdoll… Un chat trop mignon ? Un jouet pour les plus petits ? Loin de là. Daniel Cole, sous ce nom enfantin, désigne en fait l’œuvre macabre d’un serial killer. Et, telle la poupée de chiffon qui donne son titre au roman, voilà le lecteur manipulé, secoué et baladé, au nom de l’horreur et du thriller. Car c’est un polar efficace et parfaitement ciselé que nous livre l'auteur.

Wolf Fawkes, flic sombre et tourmenté, entre en chasse pour retrouver celui qui a composé, de multiples cadavres, un seul corps. A la fois enquêteur et cible revendiquée du tueur, c’est un combat à mort qu’il doit alors mener. Il peut compter sur l’aide de Baxter, une femme de caractère à la fois rassurante et imprévisible.

Avec l’adresse et la précision d’un bon couturier, Daniel Cole crée une intrigue subtile et maîtrisée. Le meurtrier, omniscient et invisible, tire toutes les ficelles. Entre ses mains, tous, lecteur compris, ne sont plus que des marionnettes condamnées à quelques nuits blanches.

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